La démocratie est, on le répète, le système le plus exact, en principe.

Historiquement créé par les Athéniens qui votaient tous, et qui organisaient le gouvernement. Théoriquement, il y a trois puissances différentes, non rivales mais complémentaires. Le législatif est élu par le peuple. L’exécutif est élu par le législatif, et l’exécutif nomme le judiciaire. Le rôle du judiciaire est de surveiller les lois fixées par le législatif. Si l’un des trois pouvoirs ne se conforme pas aux règles de la démocratie, c’est ce qu’on appelle la dictature, opposée à la démocratie.

L’exécutif peut dissoudre le législatif, et le législatif peut censurer le gouvernement et l’empêcher de fonctionner. Tout cela dans les démocraties ordinaires. Le judiciaire ne peut que vérifier si les lois sont conformes à la justice. Mais si le judiciaire annule des lois, il agit aussi comme un dictateur. Cette division des trois pouvoirs est la condition de la démocratie. Le problème actuel est le désir du judiciaire de légiférer selon l’opinion politique des juges, qui s’oppose au législatif. Si le judiciaire est lié au politique, au législatif, cette confusion des pouvoirs dépasse le législatif. Un livre vient d’être écrit à ce sujet : « La démocratie au péril du prétoire » (lieu du judiciaire).

Que nous dit la Torah sur ce problème ? Remarquons d’abord que le premier à exprimer que l’Éternel est le Juge suprême, c’est Avraham qui prie pour épargner Sodome : « Le JUGE de toute la terre ne ferait-Il pas justice ? » (Beréchit 18, 25). Il y a un JUGE suprême sur l’univers ! C’est ainsi qu’Avraham a dénommé l’Éternel. Il faut, en plus, remarquer que le terme « ADN », utilisé pour le Tout-Puissant, est basé sur le mot Din (justice). « Din » et « Adon » – le Souverain de l’univers est le Juge réel ! La justice a une source transcendante. Le degré suprême du « Talmid ‘Hakham », l’érudit en Torah, est d’être Dayan (Juge dans un tribunal rabbinique).

Le « Din » est le pilier de la société de la Torah. Depuis le Sinaï, en passant par les Sages du Talmud, jusqu’au « Choul’han Aroukh », le « Din » règle la vie du Juif. S’il y a un conflit, le tribunal rabbinique décide où est le droit. Il peut y avoir des oppositions entre les Rabbins, mais il ne s’agit pas d’opposition personnelle. La discussion entre les Rabbanim sur l’impureté d’un four (Traité Baba Metsia) s’achève par l’avis de la majorité pour faire la volonté d’Hachem dans le monde. Le seul but n’est pas un avis personnel, mais le désir d’obéir au Choul’han ‘Aroukh, c’est-à-dire à la volonté divine. Il n’y a pas d’exécutif, de législatif ou de judiciaire. Il n’y a qu’un JUGE. Cette vérité n’a pas été comprise par les Réformés qui ont voulu moderniser la Torah, l’adapter aux critères extérieurs.

La pérennité de la Torah à travers les siècles est due au fait que la Torah est éternelle, comme D.ieu est éternel. Les assemblées législatives peuvent établir ou annuler les lois, selon leur volonté, mais la Torah ne saurait dépendre d’une législation humaine. La rivalité entre le prétoire et le législatif est basée sur des intérêts humains, ce qui contredit la Torah, dont le seul repère est la proximité avec D.ieu Il faut comprendre que seule une législation venant de l’ABSOLU peut être absolue. Le créé est relatif, et ses lois sont relatives. L’humanité doit progresser dans cette direction, et c’est la seule solution pour l’humanité.